Les amortissements sont la constatation d'un amoindrissement de la valeur d'un élément d'actif immobilisé résultant de l'usage, du temps, de l'évolution des techniques ou de toute autre cause.
L'utilisation des biens amortissables engendre leur dépréciation qui se traduit par une perte réelle réduisant le bénéfice du praticien. L'amortissement est obligatoirement mis en place par l'exploitant pour lui permettre de faire face à cette perte.
Pour être déductibles, les conditions cumulatives suivantes doivent être remplies:
Cas particulier = l'immeuble à usage mixte (utilisation privée et professionnelle).
Il est à noter que l’abattement de 34% dont bénéficient les praticiens soumis au régime micro-BNC, tient déjà compte des amortissements linéaires des biens affectés à l’exploitation. Ainsi, le praticien ne peut pas procéder, en plus, à la déductibilité des amortissements pour leur montant réel.
L’amortissement est obtenu en multipliant la valeur à amortir (base de l’amortissement) par un taux d’amortissement qui varie en fonction de la durée normale d’utilisation du bien.
1/ La base de l’amortissement
Il s’agit du coût de revient de l’immobilisation à amortir. Le coût de revient est différent selon que l’immobilisation a été acquise à titre onéreux, à titre gratuit, créée par l’exploitant ou reçue par ce dernier sous forme d’apport.
Acquisition à titre onéreux: le prix de revient s’entend du prix d’acquisition de l’immobilisation minoré des remises, rabais, escomptes et augmentés des frais directement engagés pour la mise en état de fonctionnement de l’immobilisation (droits de douane, frais de livraison, de manutention, de transport, d’installation et de montage). Les autres frais ne doivent pas être incorporés au prix d’acquisition. Ils seront, en revanche, déductibles des BNC bruts en tant que charge.
Concernant le local professionnel, la base amortissable est constituée par le prix d’acquisition diminuée de la valeur du terrain sur lequel il a été édifié.
Acquisition à titre gratuit: le prix de revient s’entend de la valeur vénale du bien (valeur estimée du bien au jour de l’acquisition à titre gratuit).
Immobilisation créée par le médecin: le prix de revient s’entend du prix de production autrement dit le coût d’acquisition des matières et fournitures consommées augmenté par toutes les charges directes ou indirectes de production (honoraires versés à un architecte par exemple).
Immobilisation apportée: le prix de revient s’entend de la valeur d’apport.
2/ La durée et le taux d’amortissement
La durée d’amortissement d’un élément d’actif est, en principe, fixée d’après sa durée réelle d’utilisation attendue par le praticien.
Les usages ont, cependant, posé des durées d’utilisation normale indépendamment de la durée réelle d’utilisation. Par exemple:
- le local professionnel, l’usage a fixé une durée normale d’utilisation de 20 à 50 ans;
- les immeubles à usage de bureaux = 25 ans;
- pour le matériel: 5 à 10 ans;
- outillage: durée de 5 à 10 ans;
- automobiles et matériel roulant: 4 à 5 ans;
- micro-ordinateur: 3 ans;
- etc…
Le taux d’amortissement est obtenu en divisant 100 par la durée normale d’utilisation qu’elle soit réelle ou d’usage.
D’un point de vue fiscal, deux principaux modes d’amortissement sont admis : le mode linéaire et le mode dégressif. Le praticien peut adopter le mode linéaire pour certains biens et le mode dégressif pour d’autres. Le choix du mode d’amortissement constitue une décision de gestion. Il n’est donc pas possible de demander à posteriori la substitution d’une méthode à une autre
1/ Le mode linéaire
Sur le plan fiscal, l’amortissement linéaire constitue l’amortissement minimum obligatoire. Dans ce système, il s’agit d’appliquer un taux d’amortissement constant obtenu en divisant 100 par la durée probable d’utilisation. L’annuité constante qui en découle s’obtient en appliquant au prix de revient ledit taux. La première annuité doit être calculée au prorata de la durée écoulée depuis la date d’acquisition.
Exemple:
Acquisition d’un matériel le 15 octobre N pour un montant de 150 000 € HT. La durée d’utilisation est fixée à 5 ans. Le mode d’amortissement choisi est linéaire. Le taux est de 100/5 = 20%. L’annuité constante pendant 4 ans s’élève à 150 000 X 20 % = 30 000 €. La première année (année N) est calculée prorata temporis du 15/10 ou 31/12/N (75 jours) = 30 000 X 75/360 = 6 250 €. L’année N+5 sera le complément de la première annuité soit 30 000 – 6 250 = 23 750 €. En effet, lorsque la première annuité est incomplète, l’amortissement linéaire se déroule sur 6 années civiles (durée d’utilisation + une année).
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ANNEES
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ANNUITE
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VALEUR NETTE COMPTABLE
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N
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6 250
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143 750
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N+1
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30 000
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113 750
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N+2
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30 000
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83 750
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N+3
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30 000
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53 750
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N+4
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30 000
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23 750
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N+5
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23 750
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0
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TOTAL
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150 000
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0
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2/ Le mode dégressif
Ce mode est facultatif et n’est réservé que pour certaines immobilisations limitativement énumérées par le Code Général des Impôts (article 22 annexe II du CGI). L’administration fiscale a, toutefois, étendu cette liste aux matériels suivants :
Le système dégressif consiste à pratiquer des annuités d’amortissement d’importance dégressive. Le taux d’amortissement dégressif est obtenu en multipliant le taux d’amortissement linéaire par un coefficient variable selon la durée normale d’utilisation.
Pour les biens acquis ou fabriqués depuis le 1er janvier 2001, les coefficients sont fixés à :
- 1,25 si la durée fiscale d’amortissement est de 3 ou 4 ans,
- 1,75 si cette durée est de 5 ou 6 ans,
- 2,25 si cette durée est supérieure à 6 ans.
Pour les biens acquis avant le 1er janvier 2001, ces coefficients sont fixés à 1,5, 2 et 2,5.
Exemple:
Acquisition d’un matériel le 15 octobre N pour un montant de 150 000 € HT. La durée d’utilisation est fixée à 5 ans. Le mode d’amortissement choisi est dégressif. Le taux est de 100/5 = 20 % x 1,75 = 35 %. La première année (année N) est calculée au prorata temporis du 15/10 ou 31/12/N (3 mois) = 150 000 X 35 % x 3/12 = 13 125€. Le calcul se fait en mois. La valeur nette comptable à la fin de l’année N s’élève à 150 000 – 13 125 = 136 875. L’annuité N+1 est calculée en repartant de cette nouvelle valeur nette comptable : 136 875 x 35 % = 47 906 et ainsi de suite (cf tableau ci-dessous). Si, à la clôture d’un exercice, l’annuité d’amortissement devient inférieure au quotient de la valeur nette comptable par le nombre d’années d’utilisation restant à courir, le praticien peut décider que l’amortissement pratiqué sera égal à la valeur nette comptable divisé par le nombre d’années restant à courir (voir exemple ci-dessous). Lorsque la première annuité est incomplète, l’amortissement dégressif se déroule sur 5 années civiles (durée d’utilisation).
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ANNEES
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ANNUITE
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VALEUR NETTE COMPTABLE
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N
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13 125
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136 875
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N+1
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47 906
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88 969
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N+2
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31 139
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57 830
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N+3
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28 915
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28 915 (57 830 x 35% = 20 240. Or 20 240 est inférieur à 57 830 / 2 années restant à courir. Donc les annuités N+3 et N+4 seront égales à 57 830 / 2 chacune)
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N+4
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28 915
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0
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N+5
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0
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0
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TOTAL
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150 000
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0
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